Putain la panne.
Je suis un peu comme ce gars assit sur le bord du lit à côté d'une fille sublime et qui regarde le sol avec des yeux livides. Je ne comprends pas, ça ne m'arrive jamais à moi.
C'est la panne.
Sauf que là c'est la panne de l'écran blanc.
J'avais une verve intarissable et d'un coup paf plus rien. La magie de Noël est passée par là.
Trois semaines que je traîne une chiasse mentale. Et le pire, c'est que je sais que c'est comme ça tous les ans. Je déteste les fêtes de fin d'année. Surtout dans le contexte mondial que l'on connaît. Je ne vois rien de magique, rien de festif à cette élan global de connerie consumériste. Putain et même ça, j'exècre à l'écrire. Qu'est ce qui se passe ? Pourquoi ai-je le sentiment d'être le seul à bander mou devant le père noël ? Pourquoi les vieux barbus ne m'excitent pas plus qu'une bouse de renne ? Je dois être malade. Je savais que j'avais un problème de prostate bancaire, mais ça n'explique pas tout. J'ai bien essayé de faire comme tout le monde. Je me suis tapé les bouchons d'abrutis qui convergent vers le centre-ville, j'ai galéré comme une merde pour trouver un stationnement, j'ai été fouillé comme un scélérat à l'entrée du marché de Noël, j'ai sniffé les odeurs de sucre et de gras, j'ai maté les conneries made in china de l'artisanat local, j'y ai même emmené mes gosses merde ! Mais rien y fait, je ne vois rien dans toute cette liesse populaire qui m'apporte de la joie et du réconfort. Je n'y vois qu'un aveuglément social pour des traditions sous perfusion. Je vois qu'on est décidément pas sorti de la merde, je vois que l'addition sera lourde pour un plaisir bancal mais consensuel. Je vois que je n'ai plus la vigueur de ma jeunesse et que même sous viagra, l'envie de jouir des fêtes n'est plus là. Et il va falloir que je me la tape, la grosse fête. C'est la tradition. C'est pour la famille, les enfants, les amis.
Alors j'ai simulé ça comme j'ai pu, mal. Je me suis prostitué aux fêtes. Et depuis, j'ai honte de mon corps sali par les canapés et autres verrines, des sourires niais et menteurs que j'ai dû arborer, j'ai honte d'avoir collaboré avec les travelos des grandes enseignes. Je me sens souillé dans mon âme et dans mon corps d'avoir dû partager la couche grasse de cette salope de fin d'année.
Et l'espoir de faire rapidement un trait sur cette déprimante humiliation est vain, car à peine violé par la Noël que l'an réclame déjà son tour.
Les vœux...
Voilà maintenant, que je dois me travestir en porteur d'espoirs. Ceux que j'aime sincèrement, savent que je ne fais pas de vœux, que je ne crois pas au miracle d'une formule magique, que je les aime pour ce qu'ils sont, sans artifice, sans masque, sans inconstance. Pour vous, qui m'êtes à la fois proche et distant, j'aimerai pouvoir vous présenter des vœux avec sincérité, mais pour la richesse je vous recommande quand même de vous procurer un billet de loto, pour la santé de ne pas vous fier à mon seul optimisme, donc de prendre les précautions d'usages et pour l'amour, d'être responsables de vos actes. Pour les autres, pour l'oncle facho qu'on se tape une fois l'an au détour de l'organe hypertrophié d'une oie morte, pour la tata débile qui n'existe que pour exhiber les gros objets brillants qui cachent sa détresse affective, l'échec de son mariage et le fiasco de ses méthodes éducatives, et enfin, pour les abrutis de tous poils, qui une fois par an, se sentent de nouveau investi d'une amitié débordante d'inutilité, si vous me lisez, pardonnez mon hypocrisie, mes vœux n'étaient que l'expression d'une politesse forcée, arrachés d'un mépris profond et réel qui retombera vite dans l'indifférence qui nous est habituelle.
Voilà, j'espère maintenant vite pouvoir tourner cette page de festivités abrasives et reprendre le bon cours des choses. Et si je ne bande pas pour les fêtes, autant être clair, car j'en ai marre de simuler l'angoisse du puceau, c'est surtout que je n'ai pas assez de perversion dans les veines pour m'exciter sur un mannequin de grosse vache à lait comme un taureau élevé pour ses gamètes.
Magie de Noël mon cul.

Merci Zeb. Merci d’exprimer si bien ce que je ressens de plus en plus à chaque fin d’annee.
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